Diana Rigg parle ici de choses sur lesquelles elle ne s’était pas encore exprimée au sujet de ses habitudes de vie, passées ou présentes, et elle fait preuve d’une belle franchise.
Son explication du “baby blues” est très émouvante.
Mes corps et âme : Diana Rigg, actrice, 70 ans
The Observer, 19 avril 2009, interview par Laura PotterÊtes-vous en bonne santé ?
Pour mon âge je vais plutôt bien. Je l’avoue, je fais un tas de choses mauvaises : je fume et je bois du vin et les gens seraient horrifiés par mes habitudes alimentaires. Je mange quand j’ai faim et si je n’ai pas faim, je ne mange pas.
De quel temps de sommeil avez-vous besoin ?
Beaucoup. Sans ça je suis une mauviette. Je deviens larmoyante et impossible, comme un enfant. Je considère mon lit comme mon meilleur ami.
Attitude face à la cigarette ?
Je fume plus que je ne le devrais, vingt cigarettes par jour. Je fume depuis l’âge de dix-huit ans avec des périodes d’arrêt quand j’étais enceinte et quand j’ai été malade. Le plus curieux c’est que je peux rester des heures sans fumer ; prendre l’avion et ne pas fumer pendant quinze heures ne m’inquiète tout simplement pas.
Et les drogues ?
Vers la trentaine, alors que je travaillais en Amérique, j’ai essayé la cocaïne et le nitrite d’amyle (ndt : le nitrite d’amyle est un anti-douleur utilisé dans le traitement de l’angine de poitrine.) Je ne supporte pas la fumette, ça m’endort. Évidemment je n’y touche plus maintenant. Il y a longtemps, alors que je travaillais à Broadway, j’allais le dimanche dans un centre de désintoxication. Je ne leur faisais pas la leçon sur les périls de la prise de drogue ; je leur faisais des séances de thérapie par le théâtre.
Le sexe est-il important pour vous ?
Plus maintenant. Je suis de tout cœur avec les gens de mon âge qui continuent d’avoir une vie sexuelle mais, bien que j’aie eu une vie sexuelle merveilleuse, je suis parfaitement résignée et heureuse de ne plus en être là.
Vous est-il arrivé de suivre une thérapie ?
Oui, et j’ai trouvé ça inutile. Quand mon mariage s’est brisé je suis allée voir trois thérapeutes différents et chacun d’eux était pire que le précédent. Je ne peux parler que pour moi-même. Il y a d’autres personnes pour lesquelles ça a été incroyablement utile, mais pas pour moi.
Que pensez-vous de la chirurgie esthétique ?
Je me suis faire refaire les yeux quand j’avais quarante-quatre ans et depuis, plus rien.
Médecine publique ou privée ?
Privée. Dès que j’ai gagné assez d’argent pour aller dans le privé j’ai pensé : “Je vais laisser tomber le public pour laisser de la place à quelqu’un d’autre.” Ce n’est pas pour griller les files d’attente ou pousser les gens sur le côté, il s’agit d’alléger le fardeau de la médecine publique.
Avez-vous jamais pris un antidépresseur ?
Oui, j’ai eu un “baby blues” très, très mauvais. J’étais là, j’avais un beau bébé plein de santé et un mari qui m’adorait et j’étais dans un terrible abîme de dépression. Le seul effet que cet antidépresseur avait était de me faire pleurer plus facilement que d’habitude alors j’ai arrêté et finalement j’en suis sortie. Après réflexion, je me suis aperçue que mon corps faisait son deuil. J’avais fait mûrir cet autre être qui avait quitté mon corps et mon esprit reflétait cela.
• Dame Diana Rigg joue dans “Rhume des Foins” de Noel Coward au Chichester Festival Theatre jusqu’au 2 mai.
Anne


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