1er septembre 2007

Bienvenue dans mon humble espace consacré à Dame Diana Rigg, icône des années 60, mais pas seulement ...

Dans la colonne de droite vous trouverez des liens qui vous aideront à naviguer sur ce site, soit vers différentes rubriques (tout en bas), soit directement vers les d'articles publiés.

Les interviews audio, vidéo et écrites, ainsi que les articles écrits par Dame Diana elle-même, nécessitant une traduction, je vous demande un peu de patience, ça vient !

Bonne visite !

Anne

P.S. : To access the interviews or articles in English, click on the British flag or the pictures.

Attention !

À propos des Facebook, et autres sites "sociaux" : il existe deux pages consacrées à Dame Diana chez Facebook, une en anglais et l'autre en français. Sans doute y en a-t-il d'autres dont je n'ai pas connaissance. Vous qui visitez ces pages et y laissez des messages, souvent émouvants, d'admiration, devez savoir qu'elles n'ont nullement été créées par l'objet de votre enthousiasme. Ce sont des faux qui ne devraient pas exister. En effet, dans ses "Termes et Conditions" Facebook précise bien :
"You will not provide any false personal information on Facebook, or create an account for anyone other than yourself without permission." (Vous ne fournirez pas de fausses informations personnelles sur Facebook, ni ne créerez de compte pour qui que ce soit en dehors de vous-même.)

Je doute que les créateurs de ces comptes aient obtenu l'autorisation exigée. Vos mots gentils n'arriveront donc jamais à leur destinataire. Si vous voulez réellement communiquer avec Dame Diana, il vaut bien mieux le faire par l'intermédiaire de ses agents :

Dame Diana RIGG
c/o A.R.G. - Artists Rights Group Ltd
4 Great Portland Street
LONDON W1W 8PA (Grande-Bretagne)
Ces lettres-là parviendront à coup sûr à la dame. Cerise sur le gâteau : vous pouvez lui écrire en français.

Ce qu'il fallait dire.

Récentes mises à jour :

À noter :
Les vidéos ont maintenant toutes été transférées vers un blog spécifique. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le bouton en haut de la colonne de droite.

lundi 30 mars 2009

“Prétention provinciale”, “Les décorateurs ne font pas vendre les pièces, les acteurs si.”, lettre et article, “Daily Telegraph”, 10/13 octobre 2007.

Dans la lettre et l’article ci-dessous, Diana Rigg prend la défense de ses collègues qu’elle estime maltraités par le système d’exploitation des théâtres en Grande-Bretagne. Elle s’en prend en particulier aux théâtres subventionnés, qui, selon elle, ne respectent pas les acteurs qui jouent dans leurs spectacles.

Le problème, c’est qu’elle parle selon la seule logique qu’elle connaisse, la logique libérale. Selon elle, les théâtres subventionnés devraient utiliser les recettes des théâtres commerciaux et exploiter le “star system” afin de vendre leurs spectacles . Son point de vue dénote une étrange méconnaissance de ce qu’est le théâtre subventionné. Je suppose qu’il n’y a pas de grande différence entre le théâtre subventionné tel qu’il se pratique ici et celui qui existe en Grande-Bretagne. Elle oublie que la tâche des théâtres subventionnés est de produire des spectacles qui ne sont pas du pur divertissement et exigent plus de la part des spectateurs que le simple effort de payer leur place. Le premier de ces efforts étant, justement, de s’y intéresser, de faire volontairement la démarche d’aller voir ces pièces qui peuvent leur paraître difficiles. Utiliser des vedettes pour attirer le public serait pervertir cette exigence. De plus, attirer un public qui ne viendrait que pour voir la vedette aurait probablement des conséquences fâcheuses pour le spectacle. Ce serait, quelque part, une tromperie et ça pourrait être considéré comme une marque de mépris vis à vis des spectateurs.

Ces théâtres s’adressent aussi à un public plus large, généralement averti, et pas forcément riche, ce qui fait qu’ils doivent pratiquer les tarifs les plus bas possibles. Dans ce schéma, les subventions leur assurent la survie s’ils ne parviennent pas à attirer les foules dans leurs salles. Quant au listage des acteurs par ordre alphabétique, il assure à tous la même visibilité. Vedette ou pas, chacun occupe la même place dans la troupe constituée pour l’occasion. Aux concepteurs des affiches de faire en sorte que la liste soit bien placée et parfaitement lisible. Ne pas mentionner les acteurs sur une affiche serait inadmissible.

N’oublions pas que ce genre de théâtre, indispensable à toute démocratie, est aujourd’hui en danger dans nos sociétés où seul faire de l’argent compte, et le fait qu’une vedette telle que Diana Rigg l’attaque aussi ouvertement ne risque pas d’arranger les choses.

Non Dame Diana, la réussite n’est pas tout, la reconnaissance est souvent bien plus difficile à obtenir.

Anne



Prétention provinciale

Lettre au Daily Telegraph, 10 octobre 2007


Monsieur,

Dans la section “Critiques” de samedi, mon œil a été attiré par une publicité pour une nouvelle production de “La Cerisaie” au Theatr Clwyd. « Excellent ! » me dis-je « et avec qui ? » Mais, l'annonce ne rapporte que les noms du metteur en scène, du décorateur et du compositeur. Suis-je supposée croire que Messieurs Hands, Engels et Towns possèdent l'attrait nécessaire à la vente de places ?

Alors qu'est-ce que c'est que cette attitude stupide à laquelle les théâtres provinciaux continuent de se tenir, tournant le dos à la seule formule qui attire les foules : la pièce, les acteurs et le metteur en scène, dans cet ordre ? Si Clwyd a du succès, le spectacle pourrait être transféré au West End, où, surprise, surprise, le nom des acteurs principaux apparaîtra au dessus du titre.

Les théâtres régionaux acceptent les subsides publics mais refusent d'admettre qu'ils devraient se plier à des tactiques commerciales, telles que mettre des noms en tête d'affiche, pour générer de l'audience et des revenus.

Je suis de plus en plus irritée par la prétention de ces théâtres couplée à leurs cris de pauvreté alors qu'ils se coupent eux-mêmes l'herbe sous le pied.

Pendant ce temps, les acteurs sont rejetés dans l'anonymat et gagnent une misère en plus. Je devrais le savoir : je suis passée par là.


Dame Diana Rigg


Texte original :

"Sir,

In Saturday's Review section, my eye was caught by an advertisement for a new production of The Cherry Orchard at Theatr Clwyd. "Goody," I thought, "and who is in it?" But the advertisement yielded only the names of the director, designer and composer. Am I to believe that Messrs Hands, Engels and Towns have the necessary pull to sell seats?

So what is this silly pose that provincial theatres continue to hold, ignoring the only formula that attracts audiences – the play, actors and director, in that order. If Clwyd has a success, it might transfer to the West End where — surprise, surprise — the leading actors will be billed above the title.

Regional theatres accept public subsidy but refuse to accept that they should be run by commercial tactics, such as billing names, to generate audiences and income.

I am increasingly irritated by the pretension of these theatres coupled with their cry of poverty when they are shooting themselves in the foot.

Meanwhile, the actors are cast into anonymity and earn a pittance to boot. I should know: I have been there."


Dame Diana Rigg
London SE1

____________________

Les décorateurs ne font pas vendre les pièces,
les acteurs si.


Par Diana Rigg

Article publié par le Daily Telegraph le 13 octobre 2007


Cette semaine, j’ai écrit au Daily Telegraph pour me plaindre d’une publicité que j’avais vue dans la rubrique “Critique” de leur édition de samedi, à propos d’une nouvelle production de “La Cerisaie” au Theatr Clwyd. Motif de ma plainte : le fait que seuls le metteur en scène, le décorateur et le compositeur de la musique étaient crédités - aucune mention des acteurs impliqués. J’ai décrit cela comme une “prétention provinciale” mais le problème est plus grave que ça.

L’annonce du Theatr Clwyd illustre ce qui est devenu, ces vingt dernières années ou à peu près, une philosophie solidement enracinée, et cela vient de haut. On peut voir cette philosophie à l’œuvre simplement en se promenant autour du National Theatre en regardant les affiches de leurs productions. Pas un acteur n’est mentionné.

Le très attendu “Beaucoup de Bruit pour Rien” a pour vedettes Zoe Wanamaker et Simon Russel Beale. Leurs visages sont sur l’affiche mais pas leurs noms. Pourtant la pièce et ces deux acteurs vont faire vendre plus de places que le reste de la distribution, les metteur en scène, décorateur et éclairagiste ensemble. Mais leurs noms se trouvent simplement dans la liste alphabétique de la distribution. Je mets le National au défi de justifier cette hypocrisie. Le télé mentionne ses vedettes au dessus du titre, le cinéma aussi. Même chose pour le West End et Broadway. Pourquoi pas le théâtre subventionné ? Je suspecte là une forme inversée de snobisme. Les théâtres subventionnés sont-ils contre le vedettariat ? Si on veut voir son nom en haut de l’affiche, on doit se prénommer Aardvark.

Les retombées de cette attitude sont incroyablement sérieuses. Un théâtre que ne célèbre pas le succès à l’intérieur de ses rangs est un théâtre qui n’est pas intéressé à générer le succès dans ses rangs.

Je déplore le manque d’opportunités pour les jeunes talents dans nos grandes compagnies subventionnées. Découvrir, faire mûrir et promouvoir leurs jeunes acteurs devrait faire partie de leur cahier des charges. Il est difficile de citer plus d’une demi-douzaine d’acteurs qui sont devenus des stars dans ce système répressif.

Mon premier contact avec le théâtre, à l’âge de onze ans, a été Paul Rogers en tournée avec “Henry VIII” au Leeds Grand. J’ai supplié ma mère de m’envoyer l’argent pour que je puisse rentrer et voir la pièce en matinée le samedi - ce que je fis, captivée par les costumes, la lumière et par dessus tout par toute cette glorieuse performance historique. Il était évident que je regardais une star sur scène. C’est comme ça que mon histoire d’amour avec le théâtre a commencé.

La première saison où la R.S.C. m’a engagée comme figurante, en 1958 après une année passée dans un théâtre de répertoire, il y avait là Paul Robeson en Othello, Charles Laughton en Roi Lear, Laurence Olivier en Coriolan, Edith Evans dans “Tout est Bien qui Finit Bien” et Albert Finney, Mary Ure et Vanessa Redgrave dans “Songe d’une Nuit d’Été”. Imaginez l’excitation pour une gamine de vingt ans de regarder et apprendre de ces gens. Le public affluait en masse pour voir de si grands acteurs et leurs présence dans ce théâtre était considérée comme un honneur et célébrée. Ça ne pourrait plus être le cas maintenant.

Quels sont les arguments qui justifient que l’on n’accorde pas leur dû aux vedettes et futures vedettes ? Qu’un listage par ordre alphabétique est démocratique ? Le succès n’est pas démocratique ; il n’arrive pas à tout le monde et au théâtre il est particulièrement dur à gagner. Que cela détruit l’esprit de compagnie ? Balivernes. L’esprit de compagnie se forme entre les acteurs, il n’est pas décrété par l’organisation. Donner de l’importance à la réussite donnerait à ceux qui sont en bas de l’échelle quelque chose à quoi aspirer.

Peut-être pourraient-ils dire qu’ils ne veulent pas entrer dans l’épineux business de choisir qui va se retrouver en haut de l’affiche. Une piètre excuse parce que, si la pièce est un succès et est reprise (dans le West-End), la question se posera assez tôt. Peut-être est-ce la peur de paraître grossièrement commercial. Personne ne dit que ces théâtres doivent arrêter de choisir des pièces obscures mais s’ils ont la chance d’avoir une vedette pourquoi ne pas utiliser cela pour promouvoir la pièce ?

Les acteurs et leurs agents semblent avoir décidé docilement d’accepter le statu quo. Il n’est pas bon d’approcher les directeurs - les choses étant ce qu’elles sont, ils font ce qu’ils veulent. Les seules personnes qui peuvent changer le système sont les administrateurs. Cependant, ils semblent se satisfaire d’un modeste revenu auquel s’ajoute l’énorme subvention qui est garantie à leurs théâtres. S’ils faisaient partie d’une entreprise commerciale, ils exigeraient que leurs atouts soient exploités pour rapporter un maximum. Est-ce que le fait de bénéficier de l’argent public change les règles ? Ou est-il possible qu’en générant un plus grand revenu, il y a un danger que les subventions soient supprimées ? Je ne peux pas m’empêcher de penser que les acteurs sont le dindon d’une farce fiscale.

Les acteurs connus sont payés bien moins que leur vraie valeur. Pourquoi leur dénier aussi leur statut et leur pouvoir de vendre des places ? J’ai eu la chance de mûrir à la R.S.C. et ayant tracé mon chemin dans les années 60 jusqu’à jouer Cordélia face à Paul Scofield dans le rôle de Lear, je suis revenue, après avoir trouvé la célébrité avec “Chapeau Melon et Bottes de Cuir”, pour jouer dans “La Nuit des Rois” à Stratford. Est-ce que les jeunes acteurs ignorés par les système d’aujourd’hui auraient envie de faire de même s’ils n’arrivent à rien ? Je ne les blâmerais pas s’ils ne le faisaient pas. Ce n’est pas drôle d’être listé par ordre alphabétique.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Visiteurs :

Blog soutenu par :