Une interview de Diana Rigg, le jour de mon anniversaire ! Voilà un cadeau comme je les aime !
Anne
Diana Rigg s'attaque aux Russes
Telegraph/Dernière mise à jour : 12:01am BST 05/05/2008
Étonnamment, Diana Rigg n'a jamais joué dans une pièce de Tchékhov, jusqu'à maintenant. Elle dit à Alex Sierz ce qui l'a finalement poussée à le faire.
Un mot décrit Dame Diana Rigg : impressionnante. Non seulement, à soixante-neuf ans, elle est toujours là pour relever le défi considérable que représente le fait de jouer des rôles majeurs sur scène mais elle a aussi une posture majestueuse qui ne souffre aucune contradiction.
Alors qu'elle s'apprête à jouer l'aristocratique Madame Ranevskaïa dans le classique d'Anton Tchékhov, "La Cerisaie", à Chichester, je la rencontre dans un bar calme de Londres.
Avec ses yeux grand ouverts, sa voie mélodieuse et son élégance "cool", Rigg est immédiatement reconnaissable. La plupart de ses fans pensent à elle en tant qu'Emma Peel dans la série classique des années 60, "Chapeau Melon et Bottes de Cuir", une série qui se trouve toujours régulièrement aux premières places des sondages sur les séries télé les plus sexy.
Aujourd'hui, elle a troqué les tenues de cuir griffées "Peel" contre un cachemire beige et gris à la mode, et ses coups de karaté sont purement verbaux ; mais elle démontre toujours l'assurance vigoureuse de sa plus fameuse création.
Étonnamment, elle n'a jamais joué dans une pièce de Tchékhov avant : pourquoi cela ? "Eh bien," dit-elle en riant "à part une paire de notables exceptions, j'ai toujours trouvé que la manière dont les Britanniques le montent est infiniment ennuyeuse. Tchékhov décrivait ses pièces comme des comédies, mais je n'ai pratiquement jamais rit de bon cœur ni même pouffé de rire."
Rigg s'est détournée du maître russe tôt dans sa carrière. Quand elle a débuté à la Royal Shakespeare Company comme humble figurante à l'âge de 21 ans, son big boss, Sir Peter Hall "organisa des leçons pour notre bénéfice - des leçons de diction, de chant et d'expression corporelle. Des leçons sur Tchékhov aussi, données par Michel Saint-Denis, qui était son plus grand champion."
Étant donné que Saint-Denis était une légende du théâtre, ça devait être une aubaine. "Eh bien non," répond-elle sèchement. "C'était un cauchemar absolu parce qu'il avait un patron dans sa tête de la manière dont il fallait jouer Tchékhov. Alors vous n'aviez pas la possibilité de faire quoi que ce soit de spontané : attends, compte jusqu'à trois avant de bouger ; ou, non, tu dois faire cinq pas. Alors cela m'a sérieusement rebutée - pendant cinquante ans."
Aujourd'hui Rigg a accepté de jouer "La Cerisaie" parce qu'elle pense le plus grand bien de la nouvelle adaptation de Mike Poulton, qui mèle rires et larmes également, et aussi à cause du reste de la distribution, dont Maureen Lipman, Frank Finlay et Jemma Redgrave.
"Ce serait sympa de louer une datcha en Russie pour nous tous", dit Rigg. "Cela nous donnerait l'idée, le sentiment de l'isolation. Et nous ferait expérimenter cette sensation, légèrement agoraphobique, que ressentent les gens qui vivent les uns sur les autres ; comment, de ce fait, vous finissez par vous connaître terriblement bien. Et chacun de déteindre sur les autres : grossier à l'instant, affectueux l'instant suivant."
Hélas, le budget du Chichester n'est pas extensible à ce point, mais Rigg a conscience de se connecter aux différentes sensibilités de la culture russe. "Ils aiment pleurer ; et je pleure. J'étais sur le point de pleurer quand les "Red Arrows" passèrent (le 1er avril, jour du quatre-vingt dixième anniversaire de la formation de la Royal Air Force). C'est si poignant de penser à toutes ces vies perdues, ces jeunes gens de dix-neuf ans qui furent tués pendant la guerre."
Larmes à part, Rigg donne clairement l'impression de ne pas être sentimentale comme le laisse voir son attitude envers le travail. "Je suis la fille d'une pièce par an," dit-elle. "J'adore jouer mais c'est drôlement dur. À mon âge, se prendre par la main à cinq heures et demie du soir pour aller au théâtre, trouver une place de parking, jouer ; plus les soirées qui s'éternisent - franchement, vous êtes crevé. Mais j'adore travailler."
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Tout comme le travail, elle aime aussi la vie. "Je fume et je suis toujours partante pour un verre de vin. Je passe l'été en France, à cuisiner, manger, lire, écouter de la musique et barboter dans la piscine. J'écoute les chouettes la nuit. Intimité et silence sont des choses merveilleuses et ils conduisent à une autre chose qui est précieuse, l'introspection."
Rigg est plutôt secrète, cependant elle parla de son passé dans une série télévisée, "Empire's Children", l'année dernière. Elle est née à Doncaster en 1938 mais ses parents étaient basé en Inde.
Son père, Louis Rigg, était un ingénier des chemins de fer qui travaillait pour le Maharadja de Bikaner, Ganga Singh. Sa femme Beryl rentra en Grande-Bretagne pour la naissance de sa fille puis retourna en Inde.
Bien que Rigg se soit sentie un peu coupable de son éducation impériale pendant les années 60 anti-establishment, elle est maintenant farouchement fière de la contribution de son père au Raj. "Le programme célèbrait l'Empire et son temps. Mon père devait beaucoup à l'Empire et moi aussi. En fait, il a servi les Indiens et travaillé pour eux. Il était beaucoup aimé par ses travailleurs. Alors le programme était une charmante opportunité de lui rendre hommage ainsi qu'à l'Empire."
Le programme donna aussi à Rigg l'opportunité de revisiter l'Inde. "C'était charmant de revenir là où nous avions vécu. Pas du tout effrayant. Le premier endroit où nous avons vécu était complètement en ruines. C'est extraordinaire à quel point c'était petit. Ensuite la deuxième maison était énorme. Nous avions beaucoup de serviteurs indiens pour s'occuper de nous. Ensuite bien sûr nous sommes rentrés dans l'Angleterre de l'après-guerre, misérable ; pas même une banane en vue, encore moins un barre Mars."
Rigg reçu un CBE en 1988 et fut nommée Dame en 1994 pour ses nombreuses contributions au théâtre ou au cinéma.
Sa carrière s'est vue refleurir dans les années 90, après son divorce du mondain Archie Stirling, son second mari et le père de sa fille, Rachael Stirling, qui est aussi actrice. The mariage se brisa en 1990 après qu'Archie Stirling ait eu une aventure avec l'actrice Joely Richardson.
Maintenant, ce que Rigg déteste, la grossièreté, le bruit et l'égoïsme, pourrait vous faire penser qu'elle est devenue une vieille femme ronchonne, mais en fait elle est résolument optimiste et joyeuse.
Bien sûr elle jette un œil critique sur notre façon de vivre et une de ses détestations favorites est le narcissisme . "La première personne du singulier revient souvent dans les conversations. Quelques fois, lorsqu'à dîner je suis assise à côté de gens vraiment ennuyeux, je compte le nombre de fois où ils disent "je". C'est un jeu," dit-elle avec pétillement effronté dans le regard. "Cela vous mène au bout du repas.
D'ici cinq ans, j'aurai un très grand parapluie et je serai une vieille teigne en colère et je taperai sur les gens si je n'aime pas la manière dont ils me traitent," dit-elle en riant. Oui, Dame Diana promet d'être encore plus formidable qu'elle l'est déjà."La Cerisaie"', Chichester Festival Theatre à partir du 15 mai.


1 commentaires:
je l'aime comme ce n'est pas permis !
Il y a 3 artistes que j'admire :
Diana Rigg
Mina (chanteuse Italie)
Barbara (france)
des femmes de génie et de caractère !
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