J'adore quand Diana Rigg écrit ses propres articles. Elle le fait en général avec beaucoup d'humour et d'à-propos, mais je trouve celui-là trop agressif.
Il avait été publié la veille avec une introduction différente contenant deux fautes : "Dianna Rigg on the joys of being out of work and why she is a fatist" (Diana Rigg, sur les joies d'être sans emploi et pourquoi elle est anti-gros). Le titre sur la couverture du magazine dit : "Le journal de Diana Rigg : Je ne supporte pas les obèses".
Le voici traduit.
Journal
Jeudi, 10 janvier 2008
Il y a des années, mon divorce m'a libérée de beaucoup de choses, la moindre d'entre elles n'étant pas l'organisation du traditionnel Noël familial, le fardeau de l'épouse.Il y a des années, mon divorce m'a libérée de beaucoup de choses, la moindre d'entre elles n'étant pas le fardeau de l'épouse, l'organisation du traditionnel Noël familial. Boxing Day arrive inévitablement ; j'étais blafarde de fatigue et manquais singulièrement de « ho ho ho ». Les Noëls ultérieurs se passèrent donc dans des endroits très éloignés et cette année je reviens d'une visite au Tamil Nadu et sa myriade de temples. Parvenir à saisir les dieux indiens n'est pas facile. Il y en a plus de 3 000. Néanmoins, durant cette visite je suis tombée sur un particulièrement fascinant, Ardhanareshwara. Il semble que le dieu Shiva dans une de ses premières incarnations décida que l'homme et la femme étaient égaux, aussi Ardhanareshwara reçu une forme humaine mi homme, mi femme. Ça à l'air grotesque mais la figure est vraiment très belle. Shiva, la forme mâle parfaite à gauche ; Parvati, sa femme, merveilleusement sensuelle à droite. Cette tentative provisoire d'égalité fut, cependant, balayée par les Mogols quand ils envahirent l'Inde et leur héritage est trop tristement évident dans la situation dramatique des femmes qui travaillent dans les villages, les champs et au bord des routes aujourd'hui. J'ai rapporté un petit bronze d'Ardhanareshwara à la maison, pas parce que je suis particulièrement féministe mais simplement parce qu'il représente l'union parfaite.
La plupart des gens seront d'accord pour dire que voyager de nos jours est un cauchemar, aggravé par des règles qui sont devenues de plus en plus illogiques. Pourquoi, par exemple, alors que je passais la sécurité de l'aéroport, est-ce que mon mascara a été suspecté d'être un possible Dieu-sait-quoi, retiré de mon nécessaire de maquillage, mis dans un petit sac plastique de rien du tous pour ensuite m'être rendu ? Et pourquoi, une fois arrivé à destination, est-il quasiment impossible d'avoir de l'air frais dans une chambre d'hôtel ? Toutes les fenêtres sont scellées. Si les hotels sont un tant soit peu comme les compagnies aériennes, alors les premiers et plus faciles délestages à faire sont ceux qui ne se voient pas. Que les filtres ne soient pas changés fréquemment et ce que nous sommes forcés de respirer à travers les odieuses grilles vrombissantes pourrait bien ne pas être aussi ultra propre que nous aimerions le penser. A Bombay, j'ai donné à un homme obligeant, qui travaillait à mon sol, mucho roupies pour qu'il enlève la peinture autour de mes fenêtres et j'ai pu glisser dans le sommeil en écoutant les sons caractéristiques de Bombay transportés par de petites bouffées d'air chaud.
De retour à Londres, le contraste entre un bouchon ici et en Inde est extrême. En Inde, c'est le parfait chaos qui prévaut, le spectre de véhicules impliqués ahurissant : voitures, camionnettes, camions surchargés, tuk-tuks, bicyclettes, scooters, motos, charettes tirées par des bœufs ou des chameaux et occasionnellement la vache incongrue qui traverse en serpentant pour ajouter à la mélée. Cependant personne ne semble se mettre en colère. Ils attendent, bavardent entre eux et lentement, patiemment, la pagaille se résorbe. Ici par contre, c'est une image complètement différente d'agression, personnifiée par l'homme shooté à la testostérone derrière un volant qui se conduit comme si la route était à lui de droit. Tenez votre position et vous avez droit à des obscénités articulées silencieusement et au doigt du milieu. J'ai la réponse parfaite – notez bien mesdames – montrez lui votre petit doigt en prenant une expression tragique, communiquant ainsi non seulement votre certitude qu'il a la plus petite bitte connue à ce jour mais aussi votre profonde sympathie, et faufilez vous à son nez et à sa barbe.
Pendant un temps, quand mes parents étaient à l'étranger, mon frère et moi passions nos vacances avec grand-mère. Elle avait des yeux bleus pétillants, des cheveux blancs bouclés et un visage qu'on aurait eu envie de caresser, qui tous mentaient sur sa nature qui était revêche à l'extrême. Chaque soir, j'étais enjointe de faire le tour du pâté de maison avec elle, bras dessus bras dessous, et si par hasard nous passions devant une maison où les rideaux n'étaient pas tirés j'étais obligée de rester là, affreusement embarrassée, jusqu'à ce que grand-mère ait regardé tout son saoûl. Je détestais son comportement et depuis j'ai toujours eu horreur de ce genre de curiosité. Lorsqu'on m'a dit qu'il y a 1 150 000 sites Internet qui contiennent mon nom, auxquels (sauf en cas de citations) je n'ai pas contribué, grand-mère et l'horreur ont ressuscité. Je trouve inexpliquable que qui que ce soit veuille vraiment publier des détails de leur vie et de leur carrière en ligne. C'est sans doute pour encourager les fans et nourrir leur curiosité. Comme grand-mère aurait aimé l'Internet.
Une des joies d'être sans travail – et croix de bois, croix de fer, j'aime vraiment ça – est la liberté d'aller le soir au théâtre regarder mes camarades acteurs frimer. Les programmes d'aujourd'hui sont beaucoup plus intéressants qu'ils l'étaient dans le temps – heureusement vu leur prix ! Cependant je suis toujours stupéfaite par la quantité de détails dont certains acteurs truffent leur biographie. Des rôles dans des pièces obscures et oubliées y figurent ainsi que des apparitions dans des théâtres de répertoire disparus depuis longtemps.
Il y a quelques années quand j'ai joué au National (le National Theatre, ndt) avec Dennis Quilley cela m'a barbée de devoir presser le bouton « retour en arrière » et j'ai simplement écrit : « Diana a pas mal roulé sa bosse et a épousé Dennis Quilley sept fois. » Maintenant je caresse une meilleure idée : l'histoire vue de l'intérieur. Par exemple : « La dernière production dans laquelle Diana est apparue était avec X (et quel pompeux imbécile il s'est avéré être), dirigée par X (bien, peut-être que lui appelle ça direction, mais les acteurs racontent une autre histoire), les costumes étaient de X (je ne lui pardonnerai jamais cette robe monstrueuse dans laquelle elle m'a mise), éclairages de X (connu de la distribution comme Le Prince des Ténèbres) », etc. Imaginez comme ce programme serait drôle à lire.
Dieu merci, c'est l'hiver et cela m'épargne la vue d'énormes femmes se dandinant dans les rues de Londres en leggings ou pantalons taille basse, les bourrelets de graisse débordant de vêtements trop étirés. L'été dernier, sur Ken High Street, j'en ai eu plein les yeux, nom de Dieu. Nous avons tous nos faiblesses, je fume et je n'en suis pas fière, mais la Fierté Obèse a beaucoup à répondre à la question de l'esthétique. Haut les mains, je suis anti-gros.Diana Rigg



1 commentaires:
Oui, vraiment dame Diana a de l'humour.
là seule chose qui m'agace vraiment chez elle est son entêtement à refuser qu'on l'aime et qu'elle assimile toujours a de la curiosité malsaine ( quoiqu'avec tous les félés qui courent ce monde, je puisse néanmoins comprendre qu'ils courent après Emma P.
sans rancune Dame Diana
Ucans
Enregistrer un commentaire