1er septembre 2007

Bienvenue dans mon humble espace consacré à Dame Diana Rigg, icône des années 60, mais pas seulement ...

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Les interviews audio, vidéo et écrites, ainsi que les articles écrits par Dame Diana elle-même, nécessitant une traduction, je vous demande un peu de patience, ça vient !

Bonne visite !

Anne

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Attention !

À propos des Facebook, et autres sites "sociaux" : il existe deux pages consacrées à Dame Diana chez Facebook, une en anglais et l'autre en français. Sans doute y en a-t-il d'autres dont je n'ai pas connaissance. Vous qui visitez ces pages et y laissez des messages, souvent émouvants, d'admiration, devez savoir qu'elles n'ont nullement été créées par l'objet de votre enthousiasme. Ce sont des faux qui ne devraient pas exister. En effet, dans ses "Termes et Conditions" Facebook précise bien :
"You will not provide any false personal information on Facebook, or create an account for anyone other than yourself without permission." (Vous ne fournirez pas de fausses informations personnelles sur Facebook, ni ne créerez de compte pour qui que ce soit en dehors de vous-même.)

Je doute que les créateurs de ces comptes aient obtenu l'autorisation exigée. Vos mots gentils n'arriveront donc jamais à leur destinataire. Si vous voulez réellement communiquer avec Dame Diana, il vaut bien mieux le faire par l'intermédiaire de ses agents :

Dame Diana RIGG
c/o A.R.G. - Artists Rights Group Ltd
4 Great Portland Street
LONDON W1W 8PA (Grande-Bretagne)
Ces lettres-là parviendront à coup sûr à la dame. Cerise sur le gâteau : vous pouvez lui écrire en français.

Ce qu'il fallait dire.

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samedi 20 octobre 2007

"Rien de tel qu'une Dame", interview, "The Times", 18 août 2007.

18 août 2007 : Premiers mots de Dame Diana au sujet de "All about my mother", la production dans laquelle elle joue depuis le 25 août et qui se terminera le 24 novembre. A savourer !

Je suis assez contente de constater que Dame Diana sait parfaitement ce qui se passe à son sujet sur internet, entre autres choses.

Anne
The Times, 18 août 2007
Rien de tel qu'une Dame !
par James Christopher

A soixante-huit ans, Diana Rigg se détourne « des classiques rassis » pour être la vedette d'une comédie mordante et à transformations.

Explorer les mystères des sexes humains avec Dame Diana Rigg, c'est comme être autorisé à explorer les notes de Miss Marple sur la sexualité. « J'ai tellement appris, » s'émerveille Rigg avec cette voix glorieusement voluptueuse. « Je ne savais pas qu'il existait de telles affaites chez les hnommes ... des HOMMES, » tonne-t-elle, « qui se font pousser une poitrine, et gardent leur pénis. » Ses sourcils s'arrondissent sous l'étonnement. Il y a une pause polie pendant que nous imaginons des hommes avec de grosses poitrines dans le bureau exigu de Kevin Spacey au Old Vic Theatre, où elle va apparaître dans une adaptation du film de Petro Almodóvar « Tout sur ma mère ». « Je supposais vaguement que des gens naissaient hermaphrodites. » dit-elle pensivement. Elle plonge une main couverte de taches de rousseur dans son sac et en sort un paquet de cigarettes, « Je ne savais pas qu'ils choisissaitent délibérément d'être comme ça. » Elle hausse les épaules et s'enfonce dans le sofa de Kevin dans une bouffée de fumée bleue.

Bien sûr, il est xtrictement interdit d'en griller une dans n'importe quel théâtre, sauf si vous êtes important, très important.

« Ah, le vin, Dieu merci. » trompette Dame D., alors qu'une bouteille de Pinot toute fraîche fait un atterrissage bienvenu sur la table en plastique imitation verre en face de nous. La vénérable aristocrate vient juste de finir une épuisante répétition, et elle est étonnament dans une belie forme. Je m'attendais à une Rigg caparaçonnée, mais l'âge a dégelé la fameuse froideur et le temps adouci ses traits. Je reconnais à peine l'actrice glaciale avec laquelle j'ai eu un entretien il y a quatorze ans au moment de sa terrifiante performance en Médée. En fait, j'ai du mal à la reconnaître. Les cheveux impeccablement coupés court ont été teints en une nuance de blond « EastEnders » à la mode. L'ample sweatshirt, les jeans et les chaussons de sport fatigués sont un uniforme parfait pour la laverie.

La formation accélérée de Rigg en matière de changement de sexe est la faute d' Almodóvar. Elle a obtenu un excellent rôle dans l'adapation de son film de 1999, qui fut couronné par un Oscar. Elle joue Huma Rojo, une diva espagnole arrivée à la fin croûlante d'une carrière oubliée, qui s'est amourachée de sa jeune co-star lors d'une tournée brinquebalante de 'Un tramway nommé Désir ».

« Oh, je ne peux pas vous dire la joie sans mélange de pouvoir jouer Blanche Dubois à mon âge. » ronronne Rigg. « Un peu tard peut-être ... mais mieux vaut tard que jamais. »

La diva se fait une amie d'une mère dévastée dont le fils adolescent a été aplati par un camion après avoir vu l'actrice jouer sur scène. La pièce traite jusqu'à l'obsession des différentes manières qu'ont les femmes de se materner l'une l'autre pendant les bons et les mauvais moments.

« C'est en quoi le titre est si approprié, » dit Rigg. « All about my mother est un kaléidoscope de femmes, quelle que soit la forme qu'elles décident de prendre. S'il arrive que ce soit un gars qui décide qu'il est une femme, même s'il a un pénis, alors qu'il en soit ainsi. Le sujet de la pièce est l'acceptation. Il s'agit d'étrangers. » Est-ce que Rigg se considère comme une étrangère ? « Oh oui ! Enormément. Ce n'est pas mon intention, mais je le suis. Je suis née étrangère. »

Passer ses premières années en Inde pourrait bien avoir quelque chose à y voir. En fait, Rigg est née à Doncaster en 1938, fille d'un ingénieur, Louis, qui répondit à une annonce parue dans le « Times » en 1925 demandant des ingénieurs des chemins de fer pour travailler en Inde. Sa femme fit un bref séjour en Angleterre pour la naissance. Quand Rigg fut réexpédiée par bateau vers un Yorkshire et un pensionnat lugubres en 1945, elle se sentit comme un poisson hors de l'eau. Mais en 1959, elle était une aspirante actrice à la « Royal Shakespeare Company » et ensuite un membre éminent de la compagnie du « National Theatre » de Laurence Olivier, au Old Vic Theatre.

La beauté de Rigg la met hors d'atteinte du commun des mortels. Elle fut du Viagra théâtral pour les critiques qui se rappellent qu'elle retirait ses vêtements dans « Abelard et Héloïse » et dans « Jumpers » de Tom Stoppard. La plupart de ses fans de base se souviennent d'elle en tant qu'Emma Peel dans cette série classique, « The Avengers » (Chapeau melon et bottes de cuir). Une fois par semaine, son alter ego réduisait des hommes faits à l'état d'écoliers morveux. Ses coups de karaté et ses tenues moulantes étaient un mélange mortel.

« Tout ça, c'est toujours là, » soupire-t-elle. « C'est partout sur l'Internet. Apparemment, on m'utilise en économiseur d'écran. Je suis aussi un tapis de souris. Comment peut-on tomber si bas ? Vous regardez un tapis de souris ! » s'étrangle-t-elle.

« All about my mother » est le défi le plus corsé de Rigg depuis les jours glorieux de Peel, et l'actrice est tout à fait consciente de l'ironie. Elle est légèrement nerveuse au sujet de la manière dont le public va réagir au langage sexuel et aux côtés pervers. Almodóvar est, sans honte aucune, un iconocalste. Les premières expériences de l'espagnol dans les années 70 étaient tout à fait dangereuses alors que Franco était toujours au pouvoir et que l'homosexualité était un crime.

« Je ne crois pas que le mot « sain» peut être utilement appliqué à la pièce. » admet Rigg. « Pour moi, le vrai test ultime est : « Est-ce qu'Almodóvar va nous donner son approbation. Les films d' Almodóvar sont profondément enracinés dans les idomes épicés de son pays. Le spectacle du West End tiendra debout ou pas selon que Tom Cairns (le metteur en scène) et Samuel Adamson (l'auteur) sauront les rendre correctement en anglais. »

Il a fallu une campagne marathon pour s'assurer la coopération d'Almodóvar. Pendant vingt ans, le punk précoce a déjoué toutes les tentatives d'adaptation de ses films pour la scène. La première du West End sera le point final d'un accord historique.

« C'est génial de participer à quelque chose de nouveau et très expérimental. » dit-elle. Combien d'actrices de mon âge sont invitées à jouer des pièces comme celle-ci ? En général, on nous jète quelque rôle dans des classiques poussiéreux. »

Cela sonne un peu faux, particulièrement pour ceux d'entre nous qui adorent Rigg pour son impressionnante collection de, comme un journaliste l'a doucement suggéré, « cinglées ménopausées ».

« Cinglées ménopausées ? » La température dans le bureau de Spacey dégringole de dix degrés. « Il faut que j'y réfléchisse. » dit-elle d'un air perplexe. « Qu'est-ce que j'ai joué comme cinglées récemment ? Ahh, Mrs Danvers était absolument une cinglée ménopausée. » La température de la pièce redevient normale. Rigg se réfère à la lesbienne réprimée et vengeresse qu'elle joua une fois dans une prenante adaptation télévisée de « Rebecca » de Daphné du Maurier. Je me souviens de quelques autres : la Phèdre de Racine, la Mère Courage de Brecht, Martha la folle dans « Qui a peur de Virginia Woolf ? » d'Edward Albee et la belle-mère meurtrière de « Mother Love ». Mais seul un idiot provoquerait le caractère hautement explosif de Rigg : « C'est impressionnant, » reconnaît-elle « IMPRESSIONNANT. Les gens qui pensent tout savoir à mon sujet me rendent dingue. En fait, l'idée que je me fais de l'Enfer serait de parler avec quelqu'un qui a fait beaucoup de recherches à mon sujet. Cela veut invariablement dire qu'ils ont lu beaucoup de foutaises basées sur des théories émises par d'autres sur le genre de personne que je suis. »

Mais il est impossible d'effacer Médée, que beaucoup considèrent comme LA performance d'exception dans toute la carrière de Rigg. Elle fit profondément sensation dans la production rouge-sang de Johathan Kent au Almeida Theatre, en 1993. « Je savais alors que je devais aller plus loin et que j'avais plus à donner. » dit Rigg, « Je considère ce spectacle comme le moment le plus heureux de ma carrière car il débuta modestement et se termina à guichets fermés à Broadway. » On peut suspecter que le coût personnel fut très différent. Le traumatisme lié à un rôle où elle devait cracher ses tripes en tant qu'épouse vengeresse qui tue les enfants de son mari dont elle est séparée, a dû être incroyablement dur. Les blessures personnelles de Rigg, séparée de son second mari et play-boy, Archie Stirling, père de leur fille, la charmante Rachael Stirling, étaient encore relativement fraîches.

« Je n'avais plus de vie sociale. » concède l'actrice. « C'était pitoyable. Je vivais en marge. Je ne pouvais rien faire. J'étais brisée. »

Mais Rigg ne donne pas dans l'apitoiement ni les discussions oiseuses de vieille dame anglaise ou d'Hollywood en l'occurence. Je me demande si elle regrette de ne pas avoir fait comme Sean Connery ou Michael Caine ? « Oh Dieu non ! Je serais complètement détraquée maintenant. »

Et elle n'aurait très certainement jamais découvert « duende ». « C'était un mot espagnol qui n'a pas, je pense, d'équivalent en anglais. » dit Rigg. « On le décrirait probablement comme une « passion » mais ce n'est pas pareil. » Pendant une seconde, elle est à court de mots, puis elle se redresse dans le canapé. « Duende », gronde-t-elle « est une énergie que l'on tire de la terre. »

Le moment est digne de Marcel Marceau. Dame Diana tire des cordes invisibles, lorsque le pouvoir du duende émerge du nouveau tapis gris de Spacey, vers ses genoux pliés, puis le long de ses bras et dans ses omoplates. C'est un talent que peu de ses pairs partagent. Quand Dame Diana a-t-elle découvert ce don ?

« J'ai fait l'expérience du duende dans Médée. » dit Rigg. « Quand vous prenez conscience que cela existe, vous essayez de l'atteindre à chaque performance, que ce soit du flamenco, la corrida ou du théâtre. C'est une chose magique parce que vous ne savez pas d'où elle vient alors qu'elle prend complètement le contrôle de votre personne. »

Rigg est inquiète du fait qu'Almodóvar pourrait ne pas trouver assez de duende au Old Vic. Qu'il puisse trouver une distribution anglaise trop anémiée. Alors que nous descendons l'escalier de pierre vers la sortie des artistes, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il pourrait bien avoir une sacrée surprise. Pas un passant ne jette un second regard sur Dame Diana alors qu'elle descend bruyamment la rue. Ils n'oseraient pas. Après cinquante ans dans ce métier de fou, c'est exactement ce qu'elle aime.

All About My Mother, the Old Vic, London SE1 (0870 0606628), 25 août/24 novembre 2007.

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